Mars est le mois où l'on réserve en s'attendant au printemps et où l'on trouve l'hiver. Voici à quoi ressemble vraiment la montagne, le matériel qu'elle exige, et les cas où avril est la meilleure réponse.
Mars est le mois qui piège les gens. Les vols sont bon marché, Marrakech est chaude, et la
montagne paraît assez proche sur la carte pour ressembler à une balade de printemps.
Au-dessus de 3 000 m, c'est encore l'hiver.
À quoi ressemble vraiment mars
Imlil à 1 740 m peut être agréable en mars : du soleil, des manches courtes l'après-midi,
des amandiers en fleurs dans les vallées. Le sommet est 2 427 m plus haut, et cette
différence est toute l'histoire.
Au-dessus d'environ 3 000 m la montagne porte de la neige, et une année normale le cône
sommital la garde jusqu'en avril. Le matin du sommet, vous quittez le refuge dans le noir,
par températures négatives, sur un terrain gelé pendant la nuit.
Le matériel qui cesse d'être optionnel
- Crampons et piolet — et le savoir-faire pour les utiliser. La neige gelée, c'est le
moment où les pentes finales cessent d'être une marche, et c'est aussi le moment où
elles sont les plus dures. La location à Imlil coûte 100 à 150 MAD par jour ; sur nos
départs guidés, ils sont fournis quand les conditions l'exigent.
- Des chaussures rigides capables de recevoir un crampon. Une chaussure de trail
souple ne le peut pas : c'est l'erreur de matériel la plus fréquente que nous voyons en
mars.
- De l'isolation et une paire de gants de rechange. Vous partez dans le noir et le vent
sur l'arête sommitale fait le reste.
Le risque dont personne ne parle
Les fortes chutes de neige entre janvier et mars chargent les pentes, ce qui crée un vrai
risque d'avalanche sur certaines expositions dans certaines conditions. Le temps tourne
aussi bien plus vite qu'en été.
C'est pourquoi un guide vaut davantage en mars qu'en juillet. Sa valeur n'est pas de
retrouver un sentier que vous pourriez suivre seul : c'est le jugement sur l'opportunité de
monter aujourd'hui, et la volonté de faire demi-tour. Depuis 2018, un guide diplômé est de
toute façon obligatoire dans le parc national du Toubkal.
Mars ou avril ?
Choisissez avril pour la version la plus simple : la limite des neiges a généralement
reculé, la marche est plus facile, les jours sont plus longs, et les foules de l'été ne
sont pas là. Pour une première grande montagne, avril et après sont une introduction plus
clémente, avec un taux de réussite nettement supérieur.
Choisissez mars si vous voulez vraiment la montagne en condition hivernale et que vous
êtes à l'aise sur la neige. C'est plus calme, et les vues du sommet dans l'air froid et
clair sont les plus belles de l'année.
Nos départs Toubkal et Sahara de 8 jours
partent des deux côtés de cette limite — trois dates en mars, deux en avril — et c'est
délibéré. Si vous hésitez entre elles, le paragraphe ci-dessus est la décision.
Accordez-vous la journée supplémentaire
Quel que soit le mois, c'est l'altitude qui décide de plus de sommets que la forme
physique. Le programme de 4 jours monte
progressivement avec une nuit d'acclimatation ; la version de 2 jours passe de 1 740 m à
4 167 m en une trentaine d'heures. En mars, quand la montée finale est de toute façon plus
dure et plus lente, cette journée vaut encore plus qu'en juillet.
