Routes en lacets, formations rocheuses rouge-rosé, et kasbahs bâties à même les falaises. La vallée du Dadès est la portion la plus spectaculaire visuellement de la route vers le Sahara.
La route des mille kasbahs
La route N10, à l'est d'Ouarzazate, suit les rivières Dadès et M'Goun à travers une vallée bordée de kasbahs — des bâtiments fortifiés en terre, dont beaucoup vieux de plusieurs siècles, construits dans la même argile rouge que les falaises qui les surplombent. Cette portion porte un nom informel, la Route des Mille Kasbahs, et bien que personne ne les ait littéralement comptées, la densité est bien réelle : sur de longues sections de la route, il est rare de rouler sans en avoir une en vue.
Elles n'ont pas été construites pour la vue. Avant que le protectorat français n'impose une autorité centrale au début du XXe siècle, cette vallée se trouvait sur une branche des routes commerciales transsahariennes, et des clans berbères locaux — parmi eux les Aït Atta, les Aït Sedrate et les Aït Hdiddou — contrôlaient et taxaient les caravanes transportant or, sel et marchandises entre le Sahara et la côte méditerranéenne. Une kasbah était un ensemble familial fortifié — murs épais, peu de fenêtres, une seule entrée défendable, servant souvent aussi d'entrepôt pour les marchandises commerciales en transit — construite par le clan qui contrôlait l'eau et la terre alentour. La densité de kasbahs dans la vallée reflète un paysage qui, pendant des siècles, a été disputé et valait la peine d'être défendu.
La plupart tiennent encore debout parce que le climat sec de la région préserve bien la construction en terre battue (pisé), qui s'effrite rapidement sous la pluie mais peut durer des siècles en son quasi-absence. Certaines sont habitées, d'autres s'effondrent lentement dans la colline dont elles ont été extraites, et une poignée — la kasbah d'Aït Youl parmi les plus connues — ont été restaurées, soit comme résidences privées soit comme petites maisons d'hôtes qui permettent de dormir dans une véritable forteresse du XVIIIe ou XIXe siècle plutôt que de simplement la photographier depuis la route.
Kelaat M'Gouna et la vallée des Roses
À mi-parcours environ se trouve Kelaat M'Gouna, le centre d'une vallée secondaire connue localement sous le nom de Vallée des Roses. Selon la tradition locale, les roses de Damas qui couvrent aujourd'hui les collines auraient été rapportées il y a des siècles par des pèlerins revenant de La Mecque, plantées en haies autour des kasbahs et des canaux d'irrigation. Elles se sont adaptées au climat et n'en sont jamais reparties.
La récolte des roses se déroule sur quelques semaines chaque mois de mai, quand toute la vallée en prend le parfum — des cueilleurs travaillant à l'aube avant que la chaleur ne flétrisse les pétales, des camions acheminant des sacs de roses vers les coopératives locales de distillation qui les transforment en eau de rose et en huile, dont la majeure partie est exportée vers l'industrie du parfum de Grasse, en France. Kelaat M'Gouna accueille un Festival des Roses à la fin de la récolte, un événement véritablement local (musique folklorique, défilé, une « Miss Rose » couronnée) que la plupart des itinéraires touristiques n'atteignent pas, le calendrier étant restreint et la ville n'étant qu'une étape, non une destination, sur l'itinéraire désertique standard.
Les gorges du Dadès
Passé la ville de Boumalne Dadès, la vallée se resserre en gorges du Dadès, où la route serpente en lacets abrupts à travers des formations rocheuses rose-rosé surnommées localement les « doigts de singe » pour leur forme érodée et noueuse. Cette portion est la plus photographiée de l'itinéraire, et pour une bonne raison — la lumière sur la roche en fin d'après-midi est véritablement saisissante, les lacets sont assez spectaculaires pour constituer une photo destination à part entière, et les parois de la gorge se resserrent suffisamment pour que l'échelle ne se révèle vraiment qu'une fois qu'on les traverse en voiture.
Un détour complet en amont de la gorge et retour ajoute quelques heures et ne fait pas partie d'un itinéraire désertique standard ; la plupart des circuits voient la basse vallée et les kasbahs depuis la route principale sans le détour complet dans la gorge. Si vous avez votre propre véhicule et le temps, la montée jusqu'au point de vue des lacets et le retour constituent un ajout intéressant d'une demi-journée à une étape à Ouarzazate — prévoyez simplement les heures supplémentaires et sachez que l'état de la route se dégrade à mesure que l'on monte.
Ce qui la distingue du Todra
Le Dadès et le Todra se trouvent proches l'un de l'autre sur la même route à l'est d'Ouarzazate et sont constamment mentionnés dans le même souffle, mais ce sont des paysages véritablement différents, pas deux versions de la même chose.
Le Dadès est large et progressif — une vallée de lacets, de kasbahs et de palmeraies irriguées qui se déploie lentement sur des dizaines de kilomètres. Le Todra est l'inverse : un canyon calcaire étroit qui apparaît presque sans prévenir, avec des parois abruptes de 300 mètres assez proches par endroits pour toucher les deux côtés bras tendus. Le Dadès récompense une conduite lente, fenêtres ouvertes. Le Todra récompense le fait de sortir du véhicule et d'y marcher. Voir notre guide complet des gorges du Todra pour ce que cela implique réellement.
Si vous n'avez le temps que pour l'un des deux sur un itinéraire serré, le Dadès convient mieux aux voyageurs qui veulent de l'architecture de kasbah et des paysages de vallée ; le Todra convient mieux à ceux qui veulent une seule scène géologique spectaculaire.
Notes pratiques
Meilleure lumière : en fin d'après-midi, quand le soleil est assez bas pour rendre la roche véritablement rouge-rosé plutôt que la lumière plus plate et brumeuse de midi.
État des routes : la N10 principale est goudronnée et bien entretenue. La route de la gorge au-dessus de Boumalne Dadès se rétrécit et se dégrade à mesure que l'on avance — praticable avec une voiture standard par temps sec, à éviter après de fortes pluies.
Où les gens séjournent : une poignée de maisons d'hôtes en kasbah le long de l'itinéraire proposent des nuitées, la façon idéale de vivre réellement l'architecture plutôt que de simplement la contempler en passant. La plupart des itinéraires désertiques standards traversent sans s'y arrêter pour la nuit, continuant vers Merzouga ou Zagora le jour même.
Quels circuits y passent
La vallée du Dadès fait partie de l'itinéraire de notre expédition de 3 jours vers l'Erg Chegaga, de notre Grand Tour du désert de 4 jours, et de notre circuit de 3 jours vers Merzouga depuis Agadir. Pour les options plus courtes de 2 jours qui ne vont pas aussi loin, voir Agafay, Merzouga ou Zagora.
Questions fréquentes
La vallée du Dadès est-elle la même chose que la vallée du Drâa ? Non, bien que les deux soient des vallées de palmiers et de kasbahs dans le sud et qu'elles soient confondues par les visiteurs de première fois lisant des récits de voyage. La vallée du Drâa descend vers le sud depuis Ouarzazate en direction de Zagora et M'Hamid, suivant une rivière différente sur une route différente. Le Dadès va vers l'est depuis Ouarzazate en direction de Tinghir et Merzouga. Certains itinéraires plus longs traversent les deux à des jours différents.
Peut-on visiter la vallée du Dadès sans un circuit désertique complet ? Oui. Une excursion d'une journée ou une nuit depuis Ouarzazate couvrant la route des kasbahs et la basse gorge est tout à fait réalisable de façon indépendante, en voiture de location ou en grand taxi. Ce que l'on perd sans guide, c'est le contexte — savoir quelles kasbahs valent un arrêt, lesquelles sont des résidences privées plutôt que des occasions photo, et l'histoire derrière ce que l'on traverse.
Pourquoi appelle-t-on cela la « Route des Mille Kasbahs » plutôt que de donner un nombre exact ? Parce que personne n'a jamais fait de comptage formel, et que le nombre change de toute façon constamment — certaines kasbahs s'effondrent activement dans la colline dont elles ont été bâties, tandis que d'autres sont restaurées en maisons d'hôtes. C'est une description de densité, pas un chiffre littéral, et la même expression s'utilise pour la région plus large s'étendant d'Ouarzazate à travers Skoura, le Dadès, et vers le Todra.
La récolte des roses vaut-elle la peine de caler un voyage autour d'elle ? Si le côté agricole, léger et vivant du Maroc vous intéresse réellement, oui — le mois de mai à Kelaat M'Gouna n'a rien de comparable au reste de l'année. Si vous êtes principalement là pour le désert et l'architecture des kasbahs, la vallée vaut la peine d'être vue quelle que soit la saison ; les roses sont un bonus, pas l'attraction principale.
Les voyages qui mènent ici
Guidés par l'équipe qui a écrit ce guide.

Erg Chegaga — Expédition désertique reculée de 3 jours
- Erg Chegaga — moins de touristes, dunes de 120 m, silence profond
- Traversée désertique hors piste en 4x4 depuis M'Hamid jusqu'au champ de dunes
- 2 nuits dans un camp désertique sans aucun autre camp en vue
€294 / personne

Grand circuit désert de Marrakech — 4 jours
- Nuit complète dans un camp désertique de l'Erg Chebbi — balades à dos de chameau au coucher et au lever du soleil
- Gorges du Todra — le canyon le plus spectaculaire du Maroc (parois de 400 m, marche de 4 km)
- Ksar d'Aït Ben Haddou classé UNESCO — lieu de tournage de Gladiator et Game of Thrones
€331 / personne

Agadir à Merzouga — Circuit désert du Sahara de 3 jours
- Erg Chebbi — balade à dos de chameau au coucher du soleil dans des dunes de 160 m
- Nuit dans un camp désertique berbère sous les étoiles
- Taroudant — la plus belle ville fortifiée médiévale du Maroc
€271 / personne